Asmahane ou (أسمهان)

Biographie d'Asmahane

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Biographie d'Asmahane

Actrice et chanteuse, de son vrai nom Amal Al Atrach, née en 1912. Elle appartient à une grande famille noble et princière syrienne.
Son grand père Fahd Al Atrach avait participé à la guerre contre les troupes ottomanes.
Son père Mohamad Al-Atrach accompagné de sa famille va partir travailler à Anatole en Turquie. La famille Al Atrach de retour chez elle va emprunter un navire grec et ainsi Amal Al-Atrach va naitre en plein mer. Lors de la traversée, ils avaient failli tous se noyer quand le navire qui les transportait avait eu de graves difficultés durant en mer. C’est alors qu’on lui donna comme prénom Amal (espoir) en raison de ces circonstances périlleuses lors de sa naissance.
Ce voyage les amena d’abord au Liban. Ensuite, ils repartirent en Syrie dans la montagne Druze, régions de la grande famille Al Atrach.
En 1924, le père d’Amal va décéder et la région va subir deux révolutions celle des Druzes et la révolution syrienne. De ce fait, sa mère Aliya décidera de quitter le pays avec ses enfants pour rejoindre l’Egypte. C’est alors dans ce pays que la mère et ses trois de ces enfants, Fouad le frère ainé, Farid et Amal vont s'installer, et où les enfants vont grandir et fréquenter les écoles égyptiennes. Afin de subvenir aux besoins de ces enfants, la mère Aliya qui maitrisait le luth et le chant va animer des soirées contre un salaire et donner des cours de musiques à de nombreux enfants de grands artistes et de bourgeois.
Ainsi le foyer Al Atrach va devenir un lieu de fréquentation et de rencontre entre artistes.
Asmahan va chanter au côté de sa mère dès l’enfance. Mais c’est bien à quinze ans qu’elle va interpréter sa propre chanson composée par un des célèbres compositeurs de l’époque, Riyad El Kasbadjy qui composait déjà pour Oum Kalsoum. Le frère ainé Fouad contrairement à Farid et Asmahan n’appréciait pas du tout ces réunions artistiques ainsi que ce milieu qu’il considérait dépravé. Pour lui il était temps d’agir en tant que grand frère et de veiller sur l’honneur de la famille Al Atrach. Il va alors se rendre en Syrie et rejoindre son cousin Hassan à qui il expliqua ses craintes que sa sœur ne devienne chanteuse et ne finisse par mener une vie dissolue d’artiste. Le prince Hassan va saisir cette occasion en proposant comme solution son mariage d'Asmahan.
Fouad va alors réussir à ramener Asmahan en Syrie qui se retrouva ainsi mariée par contrainte.
Cette dernière tombera enceinte et accouchera ainsi de son unique enfant, sa fille Camélia.
Mais peu de temps après l’accouchement elle demanda le divorce. Ce que son mari refusa de lui accorder. Elle fera alors une tentative de suicide en avalant une grande quantité de comprimés. Après avoir alerté les médecins son mari lui dira qu’il ne savait pas qu’elle le détestait au point de vouloir mourir. Asmahan obtint le divorce, en contrepartie elle devait renoncer à son enfant et à un retour en Syrie. En 1937 elle s’installera dans un Hôtel chic du Caire où elle va pouvoir revenir à nouveau à sa seule passion, le chant et à ses longues soirées festives entre amies.
El kasbadjy va alors lui composer plusieurs chansons dont certaines vont devenir des grands succès comme celle "Ya Toyour" (les oiseaux).
Elle chanta avec d’autres compositeurs comme Farid Ghasn et Zakarya Ahmad mais le succès fut moindre. Elle ne chanta de Mohamad Abdel Wahab que deux chansons, à l’origine destinées pour des films.
Selon certaines sources elle aurait travaillé pour les services secrets britanniques. Ces derniers lui auraient demandé de convaincre, au travers des chefs de tribus de la région du Druze, la population locale d’aider les troupes anglaises contre les allemands et les français sous Vichy ; en contrepartie, elle débarrasserait son pays de cette présence étrangère. Elle revint d’ailleurs à cette occasion en Syrie et se remis avec son mari Hassan. Cette réconciliation entre époux fut de courte durée, puisqu’elle va le quitter à nouveau et revenir en Egypte prétextant une visite à sa famille.
Ce service rendu aux britanniques vont lui rapporter beaucoup d’argent. Ce qui lui permettra pendent une bonne période de dépenser sans compter et de vivre dans le luxe et l’insouciance une fois revenue en Egypte.
Les britanniques vont encore la solliciter cette fois contre la France de De-Gaulle. Les français vont tenter de faire pareil, contre les anglais.
Elle se retrouva prise dans un engrenage dont elle ne pouvait plus s’en sortir sans faire des mécontents dans un camp comme dans un autre.
Son refus de coopérer va la priver d’obtenir davantage d’argent ou de privilège. Ce qui lui vaudra de graves soucis financiers par la suite, surtout en regard de son train de vie.
Ses yeux légendaires et sa voix devenus célèbres vont lui ouvrir les portes du cinéma. Elle va tourner un premier film au côté de son frère Farid dans "Intisar El Chabab" (La victoire de la jeunesse) du réalisateur Ahmad Badrakhan.
Son dernier film qu’elle ne put terminer où elle en sera l’actrice principale fut dans "Houb wa Intikam" (Amour et vengeance) avec comme acteur et réalisateur Youssef Wahbi. Asmahan décédée, les dernières scènes prévues au départ ne pouvaient plus être tournées. Youssef Wahbi va effectuer des changements au niveau du scénario. Tout en lui rendant hommage il fait ainsi mourir l’héroïne à la fin du film de la même manière que le fut l’actrice dans la réalité.
Sur un plan personnel
Après son premier divorce du prince Hassan et son retour en Egypte elle épousera le grand réalisateur Ahmad Badrakhan. Ce dernier va l’épouser mais uniquement religieusement.
Asmahan avait perdu sa nationalité égyptienne après avoir quitté le sol Egyptien avant sa majorité. Cette question de nationalité va lui causer de nombreux tracas administratif auprès des autorités et lui posera des problèmes pour son séjour en Egypte. La mère du roi, la reine Nazli avait appris l’intérêt que portait son fils Farouk à Asmahan. De même qu’elle avait su qu’au même moment une des plus importantes personnalités politiques et aristocratiques du pays Hissin Pacha vouait à la chanteuse un grand amour. C’est alors que la reine mère décida d’intervenir afin que les autorités expulsent Asmahan sous prétexte de séjour irrégulier sur le sol égyptien. Mais elle finit par échapper à l’expulsion après l’intervention de ses autres connaissances influentes, notamment certains officiers anglais. Sa mère Aliya avait dit plus tard de sa fille que beaucoup d’hommes avaient aimé Asmahan mais qu’Asmahan n’avait jamais aimé aucun homme. Pourtant sa relation avec le journaliste, écrivain et animateur vedette de la radio Ahmad El Sabiy semblait montrer une autre réalité. Leur apparition ensemble à de nombreuses occasions, leurs présences toujours aux mêmes endroits, leurs longues soirées conjointement, ne laissait planer aucun doute sur le type de relation qu’il entretenait. La provoquante Asmahan va jusqu’à se laisser prendre en photos par la presse enlacée dans les bras d’Ahmad. Sachant aussi que même durant ses autres mariages elle était restée en contact avec lui et ensemble ils échangeaient une correspondance. Rappelons qu’après des années du décès de la chanteuse Ahmad El-Sabiy fut l’un de ceux qui avait publié une biographie complète sur Asmahan et dans laquelle il révéla l’amour qu’ils ont partagé ensemble.
Elle épousa ensuite le grand séducteur et réalisateur Ahmad Salem. Sa relation avec lui va se dégrader rapidement et devenir conflictuelle en raison d’histoires de jalousies réciproques. Les problèmes au sein du couple en étaient arrivés au point qu'Asmahan avait tiré sur son mari avec une arme à feu. Ahmad Salem sera touché en pleine poitrine, et gravement blessé, il gardera des séquelles de ce coup de feu jusqu'à sa mort en 1949.

La disparition d’Asmahan


Avant le tournage des dernières scènes du film "Gharam wa Intiqam" (Amour et vengeance) produit et interprété par Youssef Wahby, elle décida de partir quelques jours à la compagne pour se reposer avant de reprendre les tournages
En compagnie de son amie et assistante elles vont reprendre la route pour se rendre cette fois aux studios au Caire, c’est alors que le chauffeur perdit le contrôle de son véhicule qui finira sa course dans la rivière.
Les paysans qui se trouvaient tous à la mosquée pour la prière du vendredi seraient arrivée trop tard sur les lieux et n’auraient pas réussi à dégager les passagers. Ce n’est qu’à l’arrivée des secours et l’intervention de plongeurs qu’on n’a retrouvé deux corps sans vie recouverts de boue. Le chauffeur quant à lui a eu la vie sauve car il avait réussi à sauter de la voiture avant l’impact. La famille d'Asmahan plus tard démentira les rumeurs sur la disparition et la fuite du chauffeur. Elle niera également sa possible implication dans un supposé complot d’assassinat de l’artiste. En effet, c’est bien le chauffeur en vie mais blessé qui alerta les paysans. Ses soins auraient même été pris en charge jusqu'à son décès par le frère de la chanteuse, Farid Al-Atrach . La thèse du simple accident de la route reste pourtant la plus plausible puisque de nombreux autres accidents auraient eu lieu à ce même endroit, ceci en raison de l’état dégradé de la chaussée.
Depuis sa tendre enfance Asmahan avait toujours craint l'eau, elle mourra pourtant noyée à l'âge de 32 ans, le 14 juillet 1944, après avoir échappé à la noyade au moment de sa naissance.

Le profile

La courte vie d’Amal Al-Atrach va en faire une sorte de mythe Asmahan. Comme pourrait l’être celui de Marilyne Monroe ou de Djems Dine.
On retiendra d’elle néanmoins que ce fut une femme en avance de son temps, combative, rebelle et indépendante. Victime de son succès, de son nom, des traditions, et surtout des évènements de son temps. Excessive, passionnée comme l’ont été beaucoup d’artistes, et comme beaucoup, elle sera victime de sa vulnérabilité.
Sa réputation de fêtarde, ses penchants pour l’alcool, son délaissement de son enfant, ses courts mariages successifs, vont engendrer de nombreuses controverses et rumeurs à son sujet.
Entre le vrai et le faux, sa vie fut certainement très particulière même pour une artiste et surtout pour une jeune femme des années trente et quarante.
Depuis elle ne peut que susciter admiration et fascination mais également incompréhension, mais certainement pas de l'indifférence.
Ecrit par Bach M-D

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